Des jets bleus observés depuis l’ISS au-dessus de l’Inde :-)

La question de leur existence a fait l’objet de débats pendant de nombreuses années : d’insaisissables décharges électriques dans la haute atmosphère, nommées sylphes rouges, jets bleus, farfadets ou elfes. Faisant l’objet de rapports anecdotiques par des pilotes, ces phénomènes s’avèrent difficiles à étudier car ils se produisent au-dessus des orages.

Proposée par l’Institut Spatial National du Danemark, l’expérience Thor, qui s’était déroulée pendant la mission « iriss » de 10 jours de l’astronaute de l’ESA Andreas Mogensen à bord de la Station, avait pour objet d’étudier les orages. Une liste d’endroits où des orages étaient prévus avait été communiquée à Andreas, qui a pris des photos avec l’appareil le plus sensible de la Station pour capturer ce que l’on appelle les phénomènes lumineux transitoires.

Et voilà le magnifique résultat…

Etude des liquides dans l’espace…

« Le genre d’activités que je me serais bien vu faire dans l’espace étant petit ! Nous disposons d’une liste d’expériences scientifiques « bonus » qu’il est possible de mener en dehors de nos heures de travail habituelles. Ici, je dialoguais via la vidéo avec des chercheurs au sol, pour étudier le ballottement du liquide dans des réservoirs. Un colorant vert a été ajouté pour que les mouvements soient bien visibles. Connaître le comportement des fluides en impesanteur permet notamment de construire de meilleurs réservoirs de carburant pour les véhicules spatiaux. Les scientifiques comparent ces images avec un modèle informatique qu’ils ont généré : c’est le meilleur moyen de valider ce dernier.

Ce n’est pas la première fois que les liquides sont étudiés de cette manière, mais cette fois nous nous sommes intéressés principalement à la formation de bulles, qui varie suivant les configurations. C’est pour cette raison qu’on me voit tester deux réservoirs qui tourbillonnent au même moment, l’un contenant plus de liquide que son double. » Thomas PESQUET

Fluid Shifts, le retour…

« Fluid Shifts, le retour : on continue de mener régulièrement cette expérience qui se penche sur le rôle des transferts liquidiens dans le changement de vision des astronautes. Cette fois-ci, c’était moi l’opérateur (remarquez mon nom écrit en cyrillique sur le polo) et Oleg le sujet, dans le segment russe de la Station.

En l’absence de gravité, les fluides de notre corps (sang, lymphe, liquide contenu dans les cellules, etc) ont tendance à se concentrer dans la partie supérieure du corps, ce qui entraîne une hausse de pression dans la boîte crânienne. C’est sans doute à ce phénomène que sont liés les changements de vision et de forme des globes oculaires. Cela explique également notre air un peu gonflé dans la Station spatiale, très photogénique…

Ici, Oleg porte la combinaison « Chibis », développée par l’Agence spatiale russe ROSCOSMOS. Elle permet de dépressuriser le bas du corps et est utilisée pour des expériences en physiologie demandant de prendre des mesures cardiovasculaires ou liés au changement de vision. Pour faire simple, elle se présente sous la forme d’un pantalon bleu en caoutchouc à la « On a marché sur la lune », relié à une pompe à air. Chibis permet donc de compenser artificiellement la concentration des fluides dans le haut du corps par un système du succion. Concrètement, c’est le même principe qu’un aspirateur…

Fluid Shifts et l’utilisation de Chibis font également avancer la science pour des patients sur Terre, par exemple dans le cas de maladies qui augmentent la pression intracrânienne, ou qui impliquent un alitement prolongé. » Thomas PESQUET

AQUAPAD la vidéo :-)

« Une vidéo du CNES qui explique plus en détail l’expérience en microbiologie AQUAPAD développée par l’agence spatiale française et l’ESA et dont je vous parlais au début de ma mission. Il s’agit de tester un nouveau dispositif pour analyser rapidement la qualité de l’eau, de quoi nous faire gagner du temps sur la Station spatiale, où la majorité de l’eau est recyclée. Mais surtout, l’expérience devrait avoir des applications sur Terre, par exemple dans le cadre de situations d’urgence qui demandent de contrôler la potabilité de l’eau le plus vite possible…  » Thomas PESQUET

Les SPHERES « Synchronised Position Hold, Engage, Reorient, Experimental Satellites »

« Encore une vidéo en accéléré (malheureusement, on ne travaille pas à cette vitesse en vrai…) : avec Andreï nous avons préparé les SPHERES (« Synchronised Position Hold, Engage, Reorient, Experimental Satellites », ce qui donne un acronyme très commode en anglais). Il s’agit de sortes de satellites d’intérieur de forme sphérique. Ils peuvent flotter librement dans la Station spatiale internationale grâce à du gaz comprimé. Voir comment ils se comportent en impesanteur permet de tester à moindre coût et sans risque des mécanismes pour de futurs satellites (notamment un système d’amarrage, pour relier deux engins spatiaux).

C’est également l’occasion de mettre à l’épreuve de nouveaux algorithmes pour calculer la profondeur de champ en utilisant une seule caméra, ce qui améliorerait grandement les capacités d’un satellite en orbite en télédétection, par exemple.

Nos SPHERES sont également utilisés pour des projets pédagogiques dans le cadre d’une compétition pas comme les autres… le seul tournoi international qui se déroule dans l’espace ! Des collégiens et lycéens du monde entier ont programmé les engins sphériques et les ont fait se combattre grâce à des logiciels de virtualisation. Les finalistes ont gagné le droit de faire exécuter leur code dans la Station spatiale pour s’affronter pour de vrai. La dernière manche est à suivre aujourd’hui cet après-midi à l’adresse ci-dessous. Peggy et Andreï superviseront l’evénement, pendant que je m’occuperai du départ de l’HTV-6 avec Shane dans la Cupola , à peu près au même moment. » Thomas PESQUET

Lancement de satellites depuis la station spatiale

Des petites vidéos expliquant la préparation et le lancement de satellites depuis la station spatiale. Les Cubesats ont demandé énormément de travail et d’investissement de la part de professeurs, étudiants et ingénieurs aux quatre coins du monde et constituent des plateformes de test pour de nouvelles technologies de pointe.